Emmaüs à Tokyo

Emmaüs à Tokyo
Le mouvement Emmaüs

Le mouvement Emmaüs est né en novembre 1949 par la rencontre de l'Abbé Pierre avec un homme seul, désespéré. Au lieu de lui donner une aumône et de proférer quelques bonnes paroles , l'abbé Pierre lui demande de venir « l'aider à aider », l'aider à construire des logements, aussi précaires soient-ils, pour des familles sans logis. Ce faisant, il redonne à cet homme, la chose qui lui manque le plus : une RAISON DE VIVRE. La première COMMUNAUTE D'EMMAÜS est née.
Au fil des années des communauté d'Emmaüs se sont crées dans le monde entier. En 1992 le mouvement compte 341 groupes répartis dans 35 pays et 4 continents.

Emmaüs Japon

En 1949, le Père Vallade fonde la première communauté Emmaüs à Kobe dans le Japon en reconstruction. D'autres communautés se sont ensuite développées à Osaka, Maebashi et Tokyo.

Créée en 1973 par S½ur Hatsuki, la communauté de Tokyo a abrité jusqu'à 12 compagnons en même temps, et a accueilli des personnes temporairement.
La communauté vit du travail de récupération ou de dons en nature : vaisselle, bibelots, meubles, métaux...(mais n'accepte aucun vêtement)
Avec l'argent de la vente, la communauté assure sa subsistance et vient en aide aux communautés encore plus défavorisées – au Japon et dans d'autres pays d'Asie.

Actuellement S½ur Hatsuki n'accueille plus de compagnon et son activité est essentiellement tournée vers les personnes sans-abri.

"Les Amis d'Emmaüs" est une association apolitique et non-confessionnelle. L'association soutient financièrement la communauté Emmaüs de Tokyo par l'achat de bons de riz, de couvertures, de médicaments, ... “Les Amis d'Emmaüs” récoltent des fonds en organisant des ventes et différents ateliers.

Comment soutenir “Les Amis d'Emmaüs” ?
- En participant aux journées chiffonnières chaque 3e jeudi du mois,
- En participant aux ateliers et aux ventes,
- En nous proposant et en organisant de nouvelles idées d'ateliers,
- En soutenant financièrement l'association par vos cotisations et vos dons :
- Membre actif :à partir de 5 000 yens
- Membre bienfaiteur : à partir de 30 000 yens
par mandat postal sur le compte : n° 00 140 –4 –717 939 Tokyo-Emmaus Tomo no kai


Cliquez ici pour consulter : Notre Calendrier des activités des Amis d'Emmaüs Tokyo



[Si vous désirez faire un don d'objets à Emmaüs, merci de contacter Soeur Hatsuki ou de nous envoyer un mail en indiquant vos coordonnées et en joignant une photo des objets à donner.

Le local est ouvert à la demande en fonction de la disponibilité de la responsable.
Pour vous y rendre, merci d'appeler Soeur Hatsuki au 03 3920 9118.
Emmaus no Ie
1-8-10 Higashi Sekimachi, Nerima-ku
Tokyo 177 0052

Vous y trouverez des armoires, bureaux, petits meubles, canapés, fauteuils, chaises, lampes, vaisselle, ustensiles de cuisine, appareils électroménager, objets de décoration...

Cliquez ici pour consulter : le catalogue des ventes d'Emmaüs


Plan d'accès :

En voiture :
Au carrefour "Sekimachi-Koban", faire un U-turn et prendre la première rue à gauche juste avant la passerelle pour piétons. Emmaüs se trouve à 50 m à droite.

Par les transports en commun :

- Depuis Ichigaya ou Iidabashi, prendre JR Sôbu (train jaune) en direction de Mitaka (environ 20mn). Descendre à Ogikubo.
- Depuis Shinjuku, prendre JR Chuo, environ 15 mn (Ne prenez pas de super express, Tokkai). Descendre à Ogikubo ou prendre le métro ligne Marunouchi en direction de Ogikubo. Descendre à Ogikubo.

En arrivant à Ogikubo, prendre la sortie nord, monter les marches.
A la sortie, légèrement à gauche, vous trouverez la station des bus 32 et 34.
Prendre l'un ou l'autre (210Yens). Descendre à Sekimachi nichome (environ 10 mn).(Le bus suit la Omekaido doori et vous pouvez vous repérer sur le plan.)
En descendant du bus, revenir en arrière jusqu'à la passerelle et la traverser. Prendre la petite rue, Emmaüs se trouve sur la droite à 50m.
# Posté le lundi 05 novembre 2007 03:28
Modifié le dimanche 17 août 2008 03:32

Emmaus et les sans abri de Sanyukai

L'association les Amis d'Emmaüs est une association apolitique et non confessionnelle qui, par le biais de ventes de vêtements d'enfants et d'ateliers de bricolage récolte des fonds pour aider la communauté Emmaus de Tokyo à vivre et lui permettre de venir en aide à d'autres associations, notamment de personnes sans-logis (par l'achat de bons de riz, de couvertures...)

Votre participation à chacune de nos activités :
- ventes d'objets ;
- ateliers bricolage (boîtes à thé, oeufs) ;
- ventes de vêtements et articles pour enfants ;
- collecte de Noël aux abords du Lycée
permet à Emmaüs Tokyo d'envoyer des bons de riz, des couvertures, des médicaments... à plusieurs associations venant en aide aux personnes sans abri ou à des personnes démunies.

Voici les actions déjà réalisées grace à votre aide :

- pour la période du 01/04/2006 au 31/03/2007 :
Achats bons de riz : 233,200 Yens
Achats couvertures: 130,000 Yens
Total: 363,200 Yens

- pour la période du 01/04/2007 à ce jour :
Achats bons de riz: 63,000 Yens
Achats couvertures: 88,00 Yens
Donation a Sanya pour achat médicaments: 300,000 Yens
Donation a Sanya : 248,500 Yens
Total: 699,500 Yens



Deux d'entre nous sont allées rencontrer le responsable de l'une de ces associations, Sanyukai, association à but non lucratif, créée en 1984, et actuellement dirigée par un québécois, Jean Le Beau, qui vit au Japon depuis plus de 20 ans. Une visite qui nous a profondément marquées.

L'association est située dans le quartier dit de Sanya, non loin de Ueno.

Sanya n'est qu'un terme d'usage, puisque ce nom a été effacé il y a 40 ans de la carte, dans le but de taire sa mauvaise réputation. L'ex-Sanya englobe aujourd'hui cinq îlots, dont Kiyokawa, où réside l'association.

La mauvaise réputation de Sanya ne date pas d'hier. A l'époque Edo, ce fut le lieu de décapitation de la ville, un lieu par conséquent maudit. Depuis longtemps, dans le quartier s'entassent des travailleurs journaliers, arrivés des campagnes. Au début des années 90, à Tokyo, on estimait à 1,5 million le nombre de personnes avec ce statut de « sous prolétariat ». Elles seraient près d'un million aujourd'hui. C'est une main d'½uvre exploitée, notamment par la pègre (les yakuzas), qui depuis longtemps les recrute avec moins d'exigences administratives que les autorités, et les rémunère peu pour des tâches très pénibles, le plus souvent dans le BTP, où ils constituent une sorte de sous-traitance bon marché.

Jean Le Beau nous expliquait que plus de 350 dortoirs (dormitori) avaient été construits dans les années 80, lors du boom économique, pour héberger à la journée ou à la semaine cette population de travailleurs qui affluait. Parallèlement, se développaient des salles de jeux, des bars et autres endroits peu fréquentables, souvent là aussi aux mains de la pègre.
Ces conditions de vie et de travail entraînent de graves conséquences sur la santé de ces personnes.

Au début des années 9O, la récession a jeté dehors un certain nombre de personnes, sans travail et parfois lourdement endettées. L'apparition dans les parcs de la capitale des tentes bleues et des cartons, en guise de logement, date de cette époque.

La municipalité, sous diverses pressions, est intervenue pour enrayer ce phénomène. Ainsi, elle propose des logements bons marchés aux gens de la rue, mais avec des contrats de 2 ou 3 ans. Certains sans abri saisissent cette opportunité, d'autres préfèrent rester entre eux, où il existe une certaine solidarité et une entraide de communauté.

A la demande des classes moyennes, la ville essaye aussi de « relooker » l'ex-Sanya, en implantant par exemple des hôtels pour touristes étrangers à la place de dortoirs. En effet, selon un article d'Emmanuel Deslouis, le Japon de la « norme » les considère comme des êtres « invisibles », qu'il ne veut pas voir et qu'il essaye d'effacer.

En conséquence, le nombre de dortoirs a diminué, celui de tentes aussi, mais une population vivant dans des conditions précaires demeure.

A l'origine, l'association Sanyukai (les amis de Sanya) fut créée par un prêtre américain. Plus d'une centaine de bénévoles –femmes, étudiants, voisins et autres – secondent une douzaine de permanents, rémunérés par l'association. Les fonds nécessaires au fonctionnement de l'association proviennent pour partie, de dons de particuliers, mais aussi du soutien d'entreprises.

Sanyukai vient en aide aux travailleurs journaliers et aux sans abri, s'efforçant d'aider ces personnes à retrouver une certaine autonomie.

Dans ses locaux, un immeuble ancien sur trois étages, l'association propose :
- chaque jour de la semaine, 30 à 40 consultations gratuites et des médicaments grâce à l'aide de 13 médecins et 20 infirmières volontaires ;
- un service social de conseils animé par 3 travailleurs sociaux ;
- une distribution de plusieurs centaines de repas deux fois par semaine sur les lieux où vivent les sans abri, c'est-à-dire essentiellement sur les bords de la Sumida et vers Asakusa ;
- un service de conseils juridiques ;
- et aussi, un accueil ouvert sur la rue, où chacun peut trouver une tasse de thé, une écoute, des vêtements, etc.

Toutes ces activités, au fil des jours, permettent de développer une relation de confiance avec les personnes dans le besoin, et ainsi de mieux répondre aux attentes et demandes de celles-ci. Nous avons été très sensibles au souci de l'association d'apporter non seulement une assistance, mais aussi d'instaurer un lien. Jean Lebeau nous a cité le cas de plusieurs personnes aidées, qui aidaient à leur tour.

Cette rencontre avec Jean Le Beau fut aussi l'occasion de lister les articles que l'association distribue aux personnes démunies. Nous vous solliciterons de nouveau à l'avenir pour répondre à ces besoins. Dès à présent, pour nous aider, vous pouvez mettre de côté : rasoirs, savons, serviettes de toilette, sous-vêtements d'hommes, chaussettes.


# Posté le mercredi 10 janvier 2007 01:49
Modifié le mardi 01 juillet 2008 09:33